Trigger warning: Ce billet de blogue parle de la brutalité policière

Selon une étude, les personnes handicapées sont plus souvent arrêtés par la police que les personnes sans handicap. Les autistes n’y font pas exception. Même pour un homme blanc, les interactions avec la police peuvent mal tourner quand vous avez de la difficulté à gérer des situations stressantes et quand vos mécanismes de défense psychologique sont interprétés comme signes d’aggression. Mais qu’en est-il quand votre race prédispose déjà les policiers à vous percevoir comme une menace?
Neli Latson
Reginald Cornelius Latson était assis devant une bibliothèque en attendant qu’elle ouvre. Quelqu’un a appelé la police pour leur signaler un « homme douteux, peut-être en possession d’un arme à feu » (Latson était sans armes). Un policier est arrivé et lui a interpellé. Selon la police, Latson a réagit en attaquant le policier « sans raison apparente », cassant sa cheville et infligeant de nombreuses entailles. Latson et sa famille rétorquent que le policier lui a addressé des insultes racistes et que quand Latson a voulu partir, l’officier lui a saisi par le cou comme pour l’étrangler.
D’abord quelques observations de base : j’attends parfois l’ouverture de ma bibliothèque locale assis sur un banc devant l’entrée, mais à ce je sache personne ne m’a signalé à la police pour ce comportement. Cette différence, revient sans doute au fait que je suis un autiste blanc, tandis que Neli Latson, en plus d’être autiste, est afro-américain. Les études montrent que les hommes noirs sont perçus comme étant plus grands et plus menaçants que les hommes blancs de taille similaire.
Il est difficile de savoir avec certitude ce qui s’est passé entre Latson et le policier pour que ce dernier en sort blessé et Latson soit arrêté. Par contre, la version des évènements véhiculée par le policier selon laquelle Latson lui a agressé « sans raison apparente » ressemble beaucoup aux stéréotypes utilisés pour justifier les meurtres d’autres Afro-Américains par la police. En plus, la réaction de Latson paraît moins bizarre quand on considère que les autistes sont souvent plus sensibles au touché, et que même si le policier lui a simplement fouillé, ça aurait suffi pour faire monter la tension.
Un problème répandu
Neli Latson est loin d’être le seul autiste noir maltraité par la police. Darius McCollum, le célèbre « subway bandit » de New York, en est un autre exemple. Au Canada, Andrew Loku et Abdirahman Abdi ne sont que deux exemples d’hommes noirs neurodivergents tués par la police. Le racisme policier transcende les frontières, et quand il se croise avec le capacitisme, les résultats sont particulièrement atroces.




