Les « traitements aversifs » : l’autisme et la thérapie ACA

JRC torture protest
Manifestation contre les « traitements aversifs » du Judge Rotenberg Center. Crédit photo: Taylor C. Hall (Source : Autistic Hoya)

J’aimerais vous parler de la thérapie d’analyse du comportent appliquée (dite ACA). Mais pour commencer, je dois vous expliquer un autre sigle avec trois lettres: JRC pour le Judge Rotenberg Center. Le JRC est un établissement américain ou on applique la thérapie ACA à des enfants handicapés (dont les autistes), ce qui inclut notamment des électrochocs pour décourager les « comportements aggressifs ». Les électrochocs non-consensuel en milieu thérapeutique sont une pratique si cruelle qu’elle déjà été dénoncée par le rapporteur spécial des Nations Unies sur le torture (voir la recommandation 4(b) à la page 23 du document). Mais aux yeux du Commonwealth du Massachusetts, la « thérapie » administrée par le JRC reste parfaitement légal.

Les séquelles de la thérapie ACA

Les partisans de la thérapie ACA répondront que j’exaggère, que le JRC est un exemple extrême et peu représentatif de la pratique de l’ACA. Il est vrai que la plupart des thérapeutes ACA n’ont pas recours à « traitements aversifs » aussi violents pour punir leur patients réfractaires. Mais leur but reste le même : de conditionner les autistes pour qu’ils cachent leurs comportements autistes. C’est un projet fondamentalement capacitiste, et même ses succès les plus « inspirants » peuvent laisser des séquelles psychologiques.

Parmi les comportements autistes que l’ACA vise à décourager on compte l’auto-stimulation, qui est souvent un mécanisme de défense pour les autistes sur-stimulés par leur environnement. L’auto-stimulation inclut, par exemple, l’action d’agiter ses mains dans l’air. Julia Bascom, l’actuelle directrice exécutive de l’Autistic Self Advocacy Network, parle éloquemment de la maltraitance qu’elle a subi de la part de non-autistes qui voulaient l’enseigner à avoir des « mains calmes » (en anglais, « quiet hands ») et de l’haine de soi que cette « thérapie » l’a inculquée.

L’ACA et la politique électorale

Malgré ses témoignagnes, la thérapie ACA reste très populaire chez les politiciens et les groupes de pressions formés de parents neurotypiques. Quand les élus, libéraux comme conservateurs, veulent se redorer le blason en se montrant « sensible » aux « difficultés » des autistes, soit ils annoncent plus d’argent pour la thérapie ACA ou ils la demandent, dépendamment de leur proximité au pouvoir.

Mais soyons sans équivoque, les « traitement aversifs » de la thérapie ACA enseignent aux autistes que leurs comportements naturels sont malsains et inacceptables. Qu’ils en sortent avec un trouble de stress post-traumatique ou simplement un sentiment de honte, les séquelles restent durables. Cette thérapie, et surtout le discours qui affirme qu’elle devrait être appliquée à tous les enfants autistes, envoit très clairement le message aux autistes qu’ils sont dignes de respect et de dignité seulement s’ils peuvent se faire passer pour des non-autistes.

Advertisements

Une réflexion sur “Les « traitements aversifs » : l’autisme et la thérapie ACA

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s